• Hirondelle de Boheme

     

                                          QU’EST-CE QU’UNE SOUCHE ?

     

    Pour beaucoup trop d'éleveurs, le simple fait de mettre en reproduction chez eux, des sujets de provenances diverses, les autori­sent à considérer qu'ils ont créé une sou­che. En d'autres termes, et pour suivre ce raisonnement un peu simpliste, il suffirait si votre nom est X, que vous fassiez repro­duire des mâles provenant de chez Y et des femelles de chez Z, pour considérer que les produits sont de la souche X.

    Cela n'est évidemment pas le cas, pas plus que sous prétexte par exemple qu'elle jouit d'une certaine renommée, on  ne doit se permettre de proposer des animaux de la souche Z si cette dernière a été utilisée avec des sujets de la souche Y. On peut même aller plus loin et estimer que, les éleveurs ayant des capacités et des méthodes différentes, il ne doit pas être possible de proposer une sou­che renommée après l'avoir utilisée en re­production chez soi. On sait en effet, combien une souche mal conduite peut péricliter en l'espace d'une seule génération.

    Pour le dictionnaire, la souche est une famille issue d'un très petit nombre de su­jets, isolée au sein de la race, et qui se reproduit avec des caractères particuliers bien fixés mais pas suffisamment distinctifs pour constituer une race à part.

    En aviculture, colombiculture ou cunicul­ture, on peut considérer qu'il ne faut pas moins de six à huit générations pour consti­tuer une authentique souche, à condition d'élever en consanguinité étroite et de prati­quer une sélection rigoureuse.

    On sait qu'à l'intérieur d'une race il peut y avoir plusieurs voire même de nombreuses variétés qui elles‑mêmes sont susceptibles de comprendre un certain nombre de sou­ches développées par des éleveurs diffé­rents.

    Une souche véritable correspond en quel­que sorte à un "modèle déposé" avec ses points forts mais aussi  ses faibles­ses, le tout pouvant se transmettre réguliè­rement de génération en génération, aussi longtemps que l'on ne sort pas de la lignée. Et quand bien même cela se produirait, une souche solidement fixée ne devrait guère en souffrir, pour peu que l'on procède intel­ligemment bien entendu. C'est d'ailleurs pour cette raison que les souches de grande valeur fournissent des sujets réelle­ment améliorateurs.



    LA VIGUEUR EST PRIMORDIALE

    La loi fondamentale régissant tous les processus de reproduction est la loi de l'hé­rédité qui signifie la tendance qu'ont les en­fants à ressembler aux parents dans leurs traits caractéristiques essentiels. Ainsi les jeunes d'une certaine race ou variété res­sembleront à leurs parents en ce sens qu'ils présenteront, à ne pouvoir s'y tromper, les qualités de la race, mais en même temps ils différeront de leurs parents sur de nom­breux points de détail.

    Le pouvoir des parents d'engendrer des enfants légèrement différents d'eux‑mêmes ouvre les immenses possibilités de l'éle­vage et de la reproduction. Il en résulte que les caractéristiques d’un animal quelconque subissent l’influence non seulement de ses parents, mais de plusieurs générations an­térieures, c'est pourquoi le degré de sélection des ascendants est important. L'oiseau participe non seulement des qualités de ses ancêtres, mais encore de leurs défauts.

    Parmi les oiseaux et les animaux vivant en liberté, la reproduction est sous l’influence de la sélection naturelle. Les sujets les plus parfaits sont habituellement les plus vigou­reux, et c'est aussi par ceux‑ci que l’espèce se perpétue. L'ensemble n'étant guère affecté par les sujets ché­tifs ou difformes, ceux‑ci étant éliminés ou relégués au second plan.

    De cela, il con­vient de tirer un enseignement : la première condition qui s'impose, disons la plus im­portante, en matière de reproduction, c'est la vigueur.

    L'éleveur, en sélectionnant et en accou­plant certains spécimens prend la place de la nature, ce qui lui permet de travailler en harmonie avec elle. L'amateur ne doit ja­mais perdre de vue que toute lignée  est soumise à cette loi natu­relle ; ceci devrait le mettre en garde, lorsqu'il est ten­té de faire usage d'un sujet chétif, délicat, uniquement parce qu'il excelle par la forme et la couleur ou sur un autre point de per­fection.



    Smerle anversois





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    EVITER LES DEVIATIONS DU BRECHET

     

    Voilà un sujet dont il a été souvent ques­tion, mais qui reste d'ac­tualité car des problèmes demeurent chez bon nombre de colombiculteurs où il n'est pas rare de trouver la moitié des jeunes atteints de déformation osseuse.

     

    Rappelons avant tout que c'est presque toujours l'alimentation qui est en cause, et que ni les graines ni le bloc‑sel ne sont ca­pables d'apporter les éléments nutritifs né­cessaires à une ossification convenable, notamment chez les sujets lourds et à plus forte raison très lourds, surtout s'ils ont une poitrine très développée.

     

    Pour ces raisons, il est vivement recom­mandé de donner pendant toute la saison de reproduction, à titre préventif, et quel que soit la régime alimentaire utilisé, un complément phosphocalcique ainsi qu'un composé vitaminé apportant notamment la vitamine D. La distribution dans l'eau de boisson est la plus rationnelle car elle est d'une grande souplesse, et oblige tous les oiseaux à absorber quotidiennement les éléments qui leur sont nécessaires.

     

    Les déviations du bréchet peuvent avoir d'autres causes que le manque de certains éléments nutritifs, mais elles sont beaucoup plus rares. Il faut néanmoins citer l'état sa­nitaire s'il est très déficient, une prédisposi­tion héréditaire marquée, et aussi les effets d'ordre mécanique. Nous entendons par là le fait que les pigeonneaux dont le bréchet  est encore souple, doivent impérativement reposer dans un nid de forme convenable et garni d'une litière douce ; il semble d'ailleurs que la forme prime sur la nature de la garniture. A partir du moment où les pigeonneaux se tiennent convenablement sur leurs pat­tes, et qu'ils se couchent normalement sans vraiment s'affaler, les risques d'ordre méca­nique sont nettement moins grands.

     

    Si des précautions sont prises en matière de correctifs alimentaires, ainsi que dans la conception et la garniture des nids, les cas de déformation du bréchet doivent rester rares, voire même exceptionnels, à condi­tion que le sevrage se soit passé dans des conditions convenables.

     

    Cette période est en effet délicate pour les pigeons comme pour les autres ani­maux, et on nous a signalé à diverses repri­ses, des cas de déviation du bréchet inter­venant après que les jeunes pigeons soient devenus autonomes. C'est une constata­tion que nous n'avons pour notre part, ja­mais faite. Il faut certainement en recher­cher les causes dans un état sanitaire pré­caire (attention notamment au parasitisme), ainsi que dans les conditions d'élevage qui ne permettraient pas aux pigeonnaux de s'épanouir normalement (vérifier en particu­lier qu'ils peuvent accéder sans difficulté aux mangeoires et abreuvoirs).





    EXAMINEZ VOS PIGEONS

     

    Vos pigeons sont‑ils bien portants ? De nombreux signes extérieurs vous le prouve­ront. Ouvrez le bec, regardez la langue : celle ci‑doit être d'un beau rose vermeil. Examinez la gorge : celle‑ci sera d'un beau rose également. Toute manifestation d'in­flammation sera vite décelée, et dans ce cas votre pigeon n'est pas sain et ne pourra se classer. Appuyez sur les narines : si un suintement se produisait, ce serait alors un signe de coryza. Les caroncules du nez doivent être bien blanches, couvertes d'une fine pellicule, également blanche.

     

       Voulez‑vous savoir si vos pigeons respi­rent sans bruit, sans difficulté ? Le soir, ren­dez‑vous au colombier et, dans le calme, vous entendrez les sujets dont la respira­tion s'accompagne de râle.

     

    Examinez les plumes. Celles‑ci sont normalement recouvertes d'une légère couche onctueuse et bien blanche. Le plumage doit être brillant. Lorsque  les fientes ont un aspect anormal et ont tendance à adhérer aux plumes du cloaque, c’est que l'appareil digestif ne fonc­tionne pas bien. Les yeux, qui sont le miroir de la santé, doivent être secs et brillants.

     

    Vous pouvez prévenir et remédier à cette situation en distribuant des vitamines et en donnant à vos pigeons, dans l'eau de bois­son, les produits appropriés.








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    CONDUITE DE L’ELEVAGE AU PIGEONNIER

     

    L'INCUBATION

    Vos couples étant appareillés, vous de­vez surveiller la ponte. Pour constater si la femelle a pondu, vous opérez le soir, lors­que c'est la femelle qui est sur le nid. Vous approchez lentement, très lentement, sans mouvement, votre main vers le nid, comme si vous vouliez prendre les oeufs. Ce que voyant, la pigeonne se dresse sur ses pattes pour vous défendre d'y toucher. Dès qu'elle est dressée vous voyez s'il y a quelque chose sous elle. S'il y a un oeuf, vous en prenez note. Vous recommencerez le lendemain, au cas où l'oeuf serait de la veille. S'il est bien du jour, le deuxième doit être pondu le surlendemain vers trois heu­res de l'après‑midi.

     

    PRENEZ LA DATE DE PONTE DU 2ème OEUF

    Vous prenez date alors pour la ponte du deuxième oeuf et vous n'intervenez plus. L'incubation dure 18 jours à compter de la ponte du deuxième oeuf. Il peut y avoir une très légère avance pendant les fortes cha­leurs et jusqu'à un jour de retard durant les périodes froides.

     

    CONTRÔLEZ LE 18ème JOUR

    Au 18ème jour, vous allez vous rendre compte du résultat. Toujours sans effarou­cher la mère, vous avancez lentement votre main jusqu'à ce qu'elle se dresse, et vous voyez alors ce qu'elle a entre les pattes. Si ce sont toujours deux oeufs, patientez 24 heures pour un nouveau constat. S'il y a un petit, retirez votre main lentement et attendez le lendemain. S'il y en a deux, re­marquez si la mère a sorti les coquilles vi­des du nid, ce qui est le cas le plus fré­quent. Si elle les a laissées, il est bon que vous les enleviez afin que les petits, très fragiles les premiers jours, ne soient pas blessés.

    Alors avancez toujours la main lentement. Vous recevrez certainement un ou deux coups d'aile, peut‑être un coup de bec sur le dos de la main. Il faut vous y attendre pour n'avoir pas de réflexe brusque. Il ne faut pas le redouter, ça ne fait pas mal. Vous enlevez délicatement la coquille sans déranger la mère, vous retirez lentement la main et tout rentre dans l'ordre.

    On remarque que pendant la durée de l'incuba­tion, l'éleveur de pigeons ne se fatigue pas.

     

    L'ÉLEVAGE DES JEUNES

     Pendant les dix à douze premiers jours, rien à faire. Il suffit de bien nourrir les pa­rents, et nous nous rangeons à l'avis des éleveurs qui mettent une petite mangeoire de grains dans la case même, à côté du nid de plâtre, afin que la mère, qui reste 18 heures d'affilée sur la progéniture, puisse s'alimenter sans bouger et en conséquence alimenter mieux ses petits.

    Vers le dix ou douzième jour des jeunes, deux opérations : nettoyage de la case avec la raclette et changement de nid. Puis "baguage" des jeunes.

     

    NETTOYAGE

     Il est bon d'avoir des nids en surnombre. Ainsi vous n'avez qu'à placer un peu de foin très fin, légèrement torsadé, dans un plat  propre où vous installez les jeunes et vous retirez le plat sale que vous nettoyez en­suite quand bon vous semble. Pour cela, mettez les plats sales à tremper une heure dans un baquet, il suffit ensuite d'un coup de brosse de chiendent, un filet d'eau pro­pre par‑dessus et une demi‑journée au plein soleil pour qu'ils soient remis à neuf.

     

    BAGUEZ VOS PIGEONS

     Le baguage des jeunes n'est pas néces­saire pour ceux que vous destinez à la con­sommation ; mais il est indispensable pour ceux que vous devez conserver ou vendre comme reproducteurs. La bague les au­thentifie et vous permet d'autre part de con­naître toujours leur âge et leur filiation. Vous savez par exemple, que le n° 382 a deux ans et qu'il est le fils des n° 124 et 136, comme vous l'indique votre carnet (ou vos fiches) d'élevage où vous consignez les naissan­ces avec le numéro des bagues.

    Donc, pour baguer, il faut des bagues fer­mées (les seules qui comptent car les ba­gues ouvertes étant interchangeables, ne signifient rien et sont sans valeur) et qu'il est préférable d'avoir des bagues "officiel­les". Tous les ans, en novembre, vous commandez le nombre de bagues qui vous seront nécessaires (prévoyez large) en indiquant la race (car il y a plusieurs tailles de bagues, suivant la grosseur de la race). Vous recevrez des bagues fermées en matière synthétique, portant no­tamment le millésime de l'année et un nu­méro différent pour chacune.

    Entre le dixième et le douzième jour, il faut baguer. Plus tôt, le jeune peut perdre sa bague, plus tard vous aurez de grosses diff icultés pour la placer.

    Vous placez le pigeonneau sur le dos. Vous enfilez les trois doigts dans la bague, ce qui va tout seul, et vous arrivez à la paume de la patte. Vous appliquez alors le pouce du jeune oiseau vers le haut tout contre la patte et vous continuez à faire avancer la bague vers le coude. Lorsqu'elle a dépassé le pouce (décrochez l'ongle du pouce s'il accroche au bord de la bague), vous n'avez qu'à laisser revenir le pouce, et la bague redescend le long de la patte, mais ne peut plus en sortir, les quatre doigts s'y opposant. Ainsi, vous avez un pigeon nu­méroté pour le restant de ses jours, et facile à identifier.









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  •  LA TROISIEME GENERATION

     

    S'il est un " fait " qui doit attirer tout spécialement l'attention de nous tous, c'est bien celui de " la troisième génération.

    Cette "troisième génération" qui est celle des "sous‑produits " constitue une réalité, un fait donc, qui, de par lui‑même, provoque de pro­fonds changements au sein de toute famille.

    Il y a alors en celle‑ci des bouleversements naturels qui vont s'inscrire, se matérialiser, dans son comportement général pour un proche et un lointain avenir, et ce, parfois en bien ou en mal. En fait, deux pôles opposés régissent le tout.

    Quand un système bénéfique a été déjà réalisé et semble se trouver bien établi dans le comportement et la réussite d'une famille, l'ap­parition de cette "mystérieuse, (?) troisième génération" peut provoquer, bien souvent, des changements considérables et parfois catas­trophiques dans son mode de vie et même sa survie.

    Il est de notoriété publique que bien souvent ainsi dans le genre humain des entreprises flo­rissantes établies par le ou les ancêtres (grands-­parents) et consolidées par les fils en deuxiè­me génération, se trouvent être en profondes difficultés, en décadence irrémédiable le plus souvent, lors de la venue dans le cercle vital de cette " troisième génération ".

    C'est que, généralement, les circonstances de vie ont profondément changé au cours des ans et qu'aussi la mentalité des " héritiers" n'est plus la même que chez l'ancêtre initial.

    Peut‑être aussi pour des raisons similaires ou autres, le même " phénomène" peut appa­raître dans les élevages, donc chez nos pigeons.

    Mais cette "troisième génération", celle des "sous‑produits" n'amène pas toujours que des éléments maléfiques, bien au contraire.

    Il s'est avéré que celle‑ci constitue généra­lement un excellent départ sur la voie bénéfique d'une famille nouvelle qui vient de se « créér ».

    En colombophilie il est bien admis qu'il faut le plus souvent (sinon toujours) attendre la dite " troisième génération " pour voir apparaître l'amélioration désirée et des "caractères " re­cherchés.

    Généralement à cause de « l’acclimation » (qui est un autre fait réel et que nous examinerons d'ailleurs également), les " sous‑produits ", d'une nouvelle famille établie, soit naturellement de par les pigeons eux‑mêmes ou artificiellement par nos soins, apportent enfin les bons résul­tats souhaités.

    Ce sont ces "sous‑produits" qui vont déter­miner le départ d'une ère nouvelle et bénéfi­que pour toute colonie.

    Il ne faut jamais détruire une lignée consti­tuée dont les produits directs ne donnent aucu­ne satisfaction sans attendre les résultats ob­tenus par la troisième génération, par les sous­-produits. C'est seulement à partir d'eux que cette lignée s’exprimera le mieux, pour notre satisfac­tion.

    Cependant, et encore selon les lois naturelles établies, nous serons très prudents là et dans les familles dont nous connaissions de bons rendements auparavant. En ces derniers cas, il faut surtout veiller et voir si cette "troisième génération" ne va pas apporter la décadence par la dégénérescence.

    En résumé, il faut être attentif pour éviter la décrépitude quand une "famille" douée atteint la "troisième génération", mais il faut repren­dre confiance quand une autre souche ordinaire celle-là, arrive à ce nouveau stade généalo­gique.

    Pour la première ceci peut être maléfique, alors que pour la seconde cela peut devenir bénéfique.

    La "troisième génération" c'est le grand mys­tère des familles, des lignées, des souches.

    Faisons grand cas des "sous‑produits".








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                     POUR EVITER SALMONELLOSE ET COLIBACILLOSE,

    PEUT-ON « BLANCHIR » LES PIGEONS ?

    La salmonellose est généralement consi­dérée comme une des maladies les plus redoutables pour le pigeon. Elle est en ef­fet difficile à guérir, mais aussi à prévenir. Il existe largement plus d'une centaine de souches différentes de salmonelles qui peu­vent provoquer cette maladie, avec d'une part des symptômes qui ne sont pas tou­jours identiques, et d'autre part des répon­ses variables aux médicaments utilisés. Même la vaccination est souvent inopé­rante, du fait de cette grande diversité des souches de salmonelles. Quant à l'auto­vaccin, sa préparation reste délicate, et il n'est possible de l'employer que lorsque la maladie est déclarée puisqu'il ne peut être élaboré au mieux en quelques jours, qu'à partir d'un sujet atteint. Cette perte de temps n'est évidemment pas négligeable, compte tenu de la gravité de l'affection.

    LE MÉCANISME DE LA TRANSMISSION

    On sait que la salmonellose ou paraty­phose est due à un microbe présent dans l'intestin des pigeons où il ne cause aucun trouble. Contaminant les oeufs ou les jeu­nes dès le début du nourrissage, il cause des mortalités au nid, entre 10 et 15 jours, Passant occasionnellement dans l'orga­nisme des adultes, il se localise à une arti­culation de l'aile ou de la patte, et cause de l'arthrite qui rend l'oiseau inapte au vol ou à la marche, et bien entendu aux concours et aux expositions.

    On pourrait penser que les pigeons por­teurs de cette salmonelle dans l'intestin sont immunisés contre elle, et que les jeu­nes sont protégés par les anticorps mater­nels transmis par l'oeuf. Or, ces anticorps n'existent pas, car la présence d'un microbe localisé à l'intestin, ne met pas en route les divers mécanismes de défense aboutissant à la production de ces substances de pro­tection qui sont les anticorps. Dans ces conditions, aussi bien le jeune pigeonneau que l'adulte lui‑même, sont sans défense devant la passage de la salmonelle patho­gène dans leur organisme.

    On estime à environ 80% la proportion de pigeons qui sont porteurs de germes capa­bles de causer la salmonellose, sans toute­fois présenter de symptômes caractéristi­ques. Les sujets atteints en priorité par la maladie sont ceux que l'on a nouvellement introduits à l'élevage, ou encore les jeunes dont l'organisme n'a pas encore pu déve­lopper une résistance suffisante contre cette affection.

    Mais c'est surtout au niveau de la repro­duction que la salmonellose pose des pro­blèmes souvent sérieux, avec la production d'oeufs inféconds, de la mortalité en co­quilles ou peu après l'éclosion. Une forte proportion des pigeonneaux perdus au nid est due de toute manière à cette maladie, même si celle‑ci ne se manifeste pas de façon évidente chez les adultes.

    LA VACCINATION

    La vaccination, ou mieux l'autovaccina­tion, permettent de provoquer la formation d'anticorps chez les reproducteurs. Ces anticorps les protègent et sont transmis aux jeunes par la femelle et par ses oeufs. Pourtant, ils n'empêchent pas ces reproduc­teurs de rester porteurs de salmonelles dans l'intestin, et donc de rester contagieux pour des pigeons indemnes qui, à leur con­tact, deviendront eux aussi porteurs de ces salmonelles dans l'intestin, avec tous les inconvénients qui en découlent. C'est la raison de l'opposition des milieux vétérinai­res français à cette méthode de prévention. En effet, de tels oiseaux peuvent contami­ner, non seulement leurs semblables, ce qui pourrait n'avoir que des conséquences limitées, mais aussi d'autres espèces pou­les, dindons, canards et à terme, arriver à poser un problème pour la santé humaine.

    L'UTILISATION DES ANTIBIOTIQUES

    Utiliser des antibiotiques à titre curatif contre la salmonellose, n'est pas nouveau. On a le plus souvent recours à des traite­ments brefs, et avec des antibiotiques pé­nétrant dans tout l'organisme : cette pénétration limitant la durée du traitement pour des raisons de toxicité. Or, si le traitement est court, des recontaminations sont possi­bles sinon probables, car les salmonelles survivent de 3 à 8 semaines (parfois plus) dans l'environnement : litière, matériel etc .

    Il faut donc pouvoir faire un traitement prolongé, et par conséquent, inoffensif. Il existe des antibiotiques qui, donnés par voie digestive (dans l'aliment ou dans l'eau) ne sortent pas de l'intestin ; ils se concen­trent dans le tube digestif, mais ne passent pas dans l'organisme ; de ce fait, utilisés ainsi, ils étaient censés ne pas être toxi­ques. Or, et pour diverses raisons, cette méthode reste délicate d'emploi, et de toute manière, les résultats se sont avérés très variables et souvent décevants à bien des points de vue.

    LE RECOURS AUX FERMENTS LACTIQUES

    Des essais de prévention ont été effec­tués, notamment au Canada, qui ont permis de doubler, et même davantage, la nombre de jeunes sevrés dans l'année. Cette mé­thode originale porte sur une large utilisa­tion de ferments lactiques dont on attend en particulier qu'ils se substituent au moins partiellement aux salmonelles ainsi qu'aux colibacilles dans le tube digestif, ou en tout cas qu'ils freinent leur prolifération. Il s'agit là d'une théorie bien connue, mais en réali­té, l'action de ces agents microbiens utiles est beaucoup plus complexe.

    De nombreux facteurs sont susceptibles d'influencer les interactions qui existent d'une part entre les divers microorganismes de l'intestin, et d'autre part entre ces der­niers et l'animal qui les héberge. Ce sont les effets cumulés de ces interactions qui déterminent la composition et par consé­quent l'activité de la flore microbienne. A un équilibre optimal de celle‑ci correspond un état sanitaire satisfaisant. Il semble évi­dent que, sous certaines conditions, des mi­croorganismes et notamment les ferments lactiques, puissent contribuer à obtenir cet équilibre, et jouer ainsi un rôle prophylacti­que intéressant, de même qu'ils constituent une source d'enzymes indispensables au métabolisme de certains éléments nutritifs.

    Dans le tube digestif, il existe deux sortes de flore microbienne, l'une qui peut être considérée comme inoffensive, l'autre qui est potentiellement pathogène. Le rôle prin­cipal de ces microorganismes est de partici­per à la digestion des aliments, qui ne peut se faire dans les meilleures conditions que si l'équilibre de la flore microbienne est maintenue en permanence. Or, il s'agit là d'une difficulté sérieuse, car les animaux sont constamment sujets à des agressions les plus diverses comme la surpopulation, le changement de nourriture, les modifica­tions climatiques, les traitements, etc...

    Il a été démontré que le bacille lactique qui est présent à l'état naturel dans l'intes­tin, est particulièrement sensible aux stress que peut subir son hôte. Il en résulte des diminutions importantes de la population de lactobacilles dans l'intestin, et par suite, un déséquilibre de la flore microbienne. Dans ces conditions, les bactéries pathogènes peuvent prendre le dessus, et créer des troubles plus ou moins sévères, qui vont de la mauvaise utilisation de la ration alimentaire, aux affections intestinales graves en passant par des diarrhées banales suscep­tibles d'ouvrir la voie à des maladies redou­tables.

    Un apport régulier de ferments lactiques destiné à augmenter dans le tube digestif: la population de microorganismes utiles, permet de maintenir ou éventuellement de rétablir l'équilibre au sein de la microflore.

    L'UTILISATION DES ACIDES ORGANIQUES

    Certains d'entre eux sont connus depuis longtemps pour contribuer à créer, à l'inté­rieur du tube digestif, un milieu inhospitalier pour certaines bactéries et même pour des parasites, susceptibles de provoquer des problèmes sanitaires graves.

    Rejetés dans l'oubli par l'avènement des sulfamides et surtout des antibiotiques qui ont fini par être utilisés de façon abusive, ces acides organiques suscitent  un regain d'intérêt certain, dicté à la fois par la raison mais aussi par la nécessi­té. D'une innocuité totale, ils peuvent être soit intégrés à la nourriture, soit administrés dans l'eau de boisson. Leur utilisation régulière, de préférence en alternance avec fer­ments et levures adéquats que l'on dési­gne de plus en plus souvent par le terme de probiotiques, permet de "blanchir" très cor­rectement des oiseaux porteurs de germes pathogènes. Ceux‑ci sont en effet suscepti­bles de provoquer des affections graves comme la colibacillose et surtout comme la salmonellose, particulièrement redoutée des éleveurs de pigeons.

       Pour être vraiment efficace, cette mé­thode de "blanchiment" doit cependant être appliquée de façon régulière pendant plu­sieurs semaines au moins, et de préfé­rence pendant plusieurs mois. Les éle­veurs ont tout intérêt à commencer à l'appli­quer avant la période de reproduction, et à la poursuivre pendant toute la durée de celle‑ci. Le gros avantage de ce procédé, rappelons‑le, c'est qu'il ne prévoit que l'utili­sation de produits naturels ou identiques, qui ne peuvent qu'être salutaires aux ani­maux, à l'exclusion de susbtances médica­menteuses dont on doit plus que jamais ré­server l'usage ponctuel pour des cas bien particuliers, notamment pour le traitement curatif des maladies infectieuses graves.

     

     

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