•   Gier


    ELEMENTS DE BASE DE L’ALIMENTATION DU PIGEON

    Le pigeon est un oiseau essentiellement granivore qui a une très nette préférence pour les graines rondes, et ne consomme que très mal ou pas du tout le grain concas­sé, écrasé ou en farine. A l'état sauvage, le pigeon équilibre son régime alimentaire en recherchant toutes sortes de graines, mais aussi des insectes et des petits mollusques avec ou sans coquille. Il complète sa ration avec de la verdure.

    Tous ces éléments lui apportent les hy­drates de carbone, les graisses, les protéi­nes, les vitamines et les sels minéraux qui lui sont nécessaires. En captivité, et sur­tout en élevage intensif, il est indispensable que l'éleveur fournisse au pigeon, sous une forme aussi simplifiée que possible, de quoi couvrir ses besoins, et assurer une produc­tion convenable

    LES CEREALES

    Elles apportent surtout les hydrates de carbone et les graisses ; il faut retenir, en particulier, le maïs et le blé. Pour le maïs, on doit préférer les grains de petite taille, aussi arrondis que possible, que le pigeon préfère aux grains larges et plats qui sont d'ailleurs devenus beaucoup plus courants. Au cas où on ne disposerait que de gros maïs, il faut de toute manière, le donner entier et ne jamais le concasser. Contraire­ment à ce qui se passe pour le mais, le pigeon préfère les gros grains de blé.

    Pour des raisons de prix de revient, et de commodité, on peut s'en tenir là quant aux céréales, car d'autres graines comme le millet, le sarrasin, le sorgho, etc .... sont relativement coûteuses, ou plus ou moins bien acceptées. A cause de leur enveloppe riche en cellulose, l'avoine et l'orge ont un coefficient nutritif moins élevé que le blé et le mais. De plus, elles sont moins appré­ciées par les pigeons et peuvent, en raison de leur forme, présenter des inconvénients pour le nourrissage des jeunes.

     LES LEGUMINEUSES

    Elles fournissent essentiellement les pro­téines. Les plus couramment utilisées sont le pois, la vesce et la fèverole ; leur teneur approximative en matières protéiques est respectivement de 23, 25 et 30%. Ces trois graines sont bien acceptées par les pi­geons, à condition que les pois ne soient pas brisés, et que les féveroles ne soient pas trop grosses.

    Elles sont nettement plus coûteuses que les céréales puisque leur prix est environ deux fois plus élevé, mais elles sont indis­pensables à l'équilibre protéique de la ra­tion, en cas d'alimentation exclusive aux grains.

     LES ALIMENTS COMPOSES

    Compte tenu de l'aversion du pigeon pour les aliments en farine, il est indispensable que les aliments composés lui soient four­nis sous forme de granulés non friables ; ceux‑ci ont généralement un diamètre de 3 à 4 millimètres. L'avantage de ces aliments composés est qu'ils apportent, en principe, une ration équilibrée, encore que les be­soins alimentaires du pigeon ne soient pas parfaitement connus, qu'ils varient, sans aucun doute suivant l'âge, probablement suivant les races, et peut‑être même sui­vant les individus.

    Il est bien évident que les besoins des reproducteurs qui nourrissent une paire de pigeonneaux de 15 à 20 jours, et qui enta­ment en même temps une nouvelle couvée, sont plus importants et différents de ceux des adultes au repos, ou des jeunes au se­vrage. En distribuant une formule unique à tous, cela entraîne donc certaines anomalies, et en tout cas gaspillage de matières nobles, comme les protéines notamment.

    Dans l'état actuel de nos connaissances, on considère qu'une bonne formule pour reproducteurs contient : protéines brutes, 18 à 19% ; matières grasses, 2 à 3% ; cal­cium, 0,9 à 1 % ; phosphore assimilable, environ 0,5 % ; énergie métabolisable, 2.700 à 2.800 calories/kg.

    Suivant leur composition, les granulés sont diversement acceptés. Il convient, de toute façon, de prévoir un certain temps d'adaptation, et, c'est au cours de ce genre de période, que l'on s'est rendu compte que dans certains cas, les pigeons se mettaient très vite à consommer les granulés qu'ils préféraient même aux graines ; d'autres fois, et c'est semble‑t‑il ce qui se produit souvent, la consommation des granulés reste faible, et même nulle, lorsqu'on distri­bue des graines en même temps. Souvent, les jeunes s'adaptent plus facilement que les adultes à ce nouveau mode d'alimenta­tion.

     LA VERDURE

    En claustration, les pigeons consomment volontiers la verdure que l'on veut bien leur apporter, comme le feraient braucoup d’oi­seaux, en pareille circonstance. En éle­vage intensif, la distribution de verdure est problématique, et sans véritable intérêt.

     LES MINERAUX

    Ils sont évidemment indispensables pour un bon équilibre de la ration alimentaire des pigeons. Dans tous les cas, et surtout si les oiseaux ne reçoivent pas d'aliment com­posé, il est prudent de laisser à leur dispo­sition des écailles de coquilles d'huitres.

    Ces dernières n'étant pas très riches en phosphore, il est conseillé d'administrer, en plus, surtout aux pigeons de concours, un supplément phosphocalcique, miscible à l'eau de boisson.

    Le bloc‑sel qui est laissé de façon tradi­tionnelle à la disposition des pigeons, ne constitue jamais qu'une gourmandise, et ne doit en aucun cas, être considéré comme un adjuvant alimentaire, car sa valeur nutri­tive est pratiquement nulle.

    On ne doit absolument pas distribuer du sel tel quel, car les pigeons risquent d'en consommer d'une manière excessive, et peuvent ainsi se rendre malades, et même en mourir.

     LES VITAMINES

    Les besoins du pigeon, en vitamines, sont mal connus. On considère à tort, qu'ils sont réduits du fait que les symptômes de carences sont rares chez les sujets en liberté. Toutefois, en élevage intensif qui se pratique obliga­toirement en claustration, un apport de vita­mines est indispensable. Il peut se faire soit par les granulés (en cas d'utilisation d'un aliment composé), soit par l'eau de boisson sous la forme d'un hydrosol polyvi­taminé à distribuer une fois ou deux par semaine.

     L'EAU DE BOISSON

    Le pigeon boit peu souvent, mais beau­coup à la fois. En moyenne, pour des re­producteurs de bonne taille, il faut un litre d'eau pour dix à douze sujets, et par 24 heures. Bien entendu, la consommation d'eau de boisson est plus importante en été qu'en hiver.

    Le pigeon a une façon toute particulière de boire, et pour qu'il puisse s'abreuver convenablement, il lui faut une certaine pro­fondeur d'eau (environ 3 cm.) ; pour cette raison, il est préférable d'utiliser des modè­les d'abreuvoirs spéciaux pour pigeons, car ceux qui sont conçus pour les volailles con­viennent mal

    LE « LAIT » DE PIGEON

    C'est la nourriture du tout jeune pigeon­neau, sécrétée par le jabot des reproduc­teurs, et régurgitée dans le pharynx du nou­veau‑né. L'éleveur n'a donc pas à interve­nir à son sujet, mais il doit veiller à la bonne alimentation des reproducteurs, car le lait de pigeon est particulièrement riche en ma­tières nutritives, permettant une croissance extrêmement rapide des jeunes. L'analyse a montré que ce " lait " est plus nourrissant que le lait des mammifères (lait de lapine excepté).

     LA DISTRIBUTION DE LA NOURRITURE

    Dans tous les cas, il convient de laisser la nourriture en permanence à la disposition des oiseaux. Lorsque les pigeons reçoivent un aliment composé, cette distribution se trouve simplifiée, et ne pose aucun pro­blème particulier. Par contre, lorsqu'il s'agit de graines, la difficulté vient du fait que le pigeon est un grand gaspilleur. Contraire­ment à ce que l'on pourrait penser, le mélange de graines n'est pas la solution idéale, car le pigeon est amené à trier sui­vant ses besoins ou ses goûts, et cela ne fait qu'augmenter les risques de gaspillage.

    La meilleure solution, à tous points de vue, est celle qui consiste à distri­buer chaque graine dans une mangeoire, ou une trémie séparée. Cela permet au pigeon de choisir librement, et d'équilibrer sa ration comme bon lui semble. Rappe­lons en effet, que ses besoins varient no­tamment suivant son âge et sa fonction ; c'est ainsi que les reproducteurs consom­ment davantage de légumineuses (riches en protéines) que les adultes au repos, ou que les jeunes nouvellement sevrés.

    De plus, ce système permet d'éviter au­tant que possible le gaspillage, ce dernier pouvant dépendre également de la concep­tion des mangeoires ou des trémies. Il existe d'ailleurs des modèles spécialement étudiés pour les pigeons, qui donnent toute satisfaction. La mauvaise qualité des grai­nes est une autre cause de gaspillage. Cel­les qui sont trop grosses, brisées ou moi­sies, sont rejetées hors du nourrisseur.



    Swift du Caire


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                                               DES PRINCIPES RATIONNELS
                                 POUR LE LOGEMENT DES PIGEONS

    Quel que soit le but que l'on se propose quand on  désire élever des pigeons, soit que l'on veuille rester simple amateur avec quel­ques couples de pigeons seulement, soit que l'on a l'intention de garder un grand nombre d'oiseaux, il est des règles générales de construction et d'aménagement du loge­ment destiné aux pigeons qu'il est impor­tant d'observer dans tous les cas. Et que le colombier doive rester une simple volière plus ou moins grande, qu'il doive être si­tué dans un grenier aménagé à cette fin, ou encore qu'on le construise de toutes pièces, les conditions d'hygiène doivent rester les mêmes.

    Ces conditions, quelles sont‑elles ? Les mêmes qu'il faut trouver dans tous les bâti­ments destinés à garder ou à élever des animaux . De l'air, de la lumière. Une ancienne conception en fait de construction voulait que pour donner beaucoup d'air, il est nécessaire de faire des pièces très grandes et très hautes, afin d'avoir ainsi un grand cube d'air.

    Or, on est heureusement revenu de cette erreur et on juge plus logiquement actuelle­ment, qu'il faut assurer toujours un air pur dans une salle habitée par l'homme ou par les animaux, par un continuel renouvelle­ment de l'air plutôt que par l'emma­gasinement d'un grand cube d'air. Le co­lombier ou la volière, doit donc répondre à cette condition primordiale être construit de telle manière que l'air extérieur y entre conti­nuellement pour remplacer l'air intérieur rendu impur par la présence des habitants. Mais cette entrée d'air doit être comprise de telle manière que les pigeons ne soient jamais exposés à subir les mauvais effets des courants d'air. Ce point est excessi­vement important, le premier à considérer dans la construction que vous entrepren­drez pour loger vos pigeons, quelle que soit la situation de ce colombier, ou quelle que soit la destination volière d'amateur ou co­lombier industriel.

    Ayant donc une volière, ou un colombier, construit de façon que l'intérieur en soit bien et continuellement aéré sans exposer les oiseaux aux courants d'air, la deuxième condition à observer, c'est d'assurer à nos oiseaux la plus grande lumière possible. Il est bien rare que ce point soit suffisam­ment observé et sans qu'il fasse précisé­ment sombre dans les colombiers, il n'y fait généralement pas assez clair. Il faut, nous le répétons, la plus grande clarté pos­sible. mais il est important cependant que les pigeons puissent se mettre à l'abri des rayons du soleil.

    Une disposition des fenêtres bien com­prise, des dimensions de fenêtre bien cal­culées, sont des conditions qui permettent toujours de résoudre heureusement la question de lumière dans les bâtiments destinés aux animaux. Si dans des circons­tances tout à fait spéciales, on est amené à devoir assombrir pendant quelque temps l'intérieur d'une habitation, il est toujours facile de diminuer l'intensité de la lumière par des rideaux ou des stores, et cette con­dition d'obscurité n'est donc pas à envisa­ger quand on construit le pigeonnier.

    Ces questions d'aération et d'éclairage du pigeonnier sont étroitement liées avec la question d'orientation du bâtiment des­tiné à loger et à élever des pigeons. Il faut toujours orienter toutes les ouvertures du pigeonnier soit au sud, soit à l'est. L'orien­tation au nord est toujours la plus mau­vaise que l'on puisse adopter et mieux vau­drait ne pas essayer d'élever des pigeons dans un colombier dont les seules ouver­tures seraient tournées au nord. Il ne faut pas perdre de vue que le colombier doit être toujours parfaitement sec et que l'orientation, ainsi que la ventilation doivent aider grandement au maintien de cette condition.

    L’orientation doit être telle, aussi, qu'elle puisse aider à la bonne ventilation, à l'aéra­tion continue du colombier. Ceci nous amène à parler de la capacité qu'il con­vient de donner à ce logement. Dans un colombier de pigeons fermé, comme le serait, par exemple, un colombier dans lequel on doit envisager la nécessité de garder des pigeons enfermés dans certaines circonstances, et ce, pendant un temps plus ou moins long, il faut compter qu'une capacité de 20 mètres cubes est une bonne mesure pour garder 25 couples d'oiseaux. Il est évident que la volière de l'amateur qui comprènd un espace à l'air libre où les pigeons peuvent toujours avoir accès, peut avoir des dimensions plus res­treintes, l'intérieur de cette volière ne de­vant, en pratique, servir que pour des nids et pour abriter les pigeons, la volière extérieure restant leur lieu d'ébats.



    Tambour de Franconie


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  • Culbutant de Koenigsberg

     

    LA TRICHOMONOSE

    Omniprésente et redoutable

     

    La trichomonose est sans aucun doute la maladie la plus fréquente dans les pi­geonniers et la première responsable de la mortalité des pigeonneaux, alors que les aduftes restent en excellente santé ; mal­heureusement à la suite de nombreuses idées fausses très répandues et entretenues par des livres anciens, par des remèdes de second ordre et par tradition orale, entre colombiculteurs, elle est souvent mécon­nue et prise pour d'autres maladies, et pres­que toujours pour la diphtérie‑ variole, ce qui aboutit à des mesures radicales et re­grettables, comme le sacrifice des mala­des et des sujets qui ont été en contact avec eux. Il importe donc de bien connaître la trichomonose pour éviter ces erreurs cou­teuses car c'est une maladie qu'il est main­tenant très facile de traiter.

     

    Avec la salmonellose, cette maladie fait néanmoins partie des grands soucis de l'éleveur de pigeons, aussi bien l'amateur que le professionnel. En effet, la salmo­nellose se voit surtout dans les élevages d'amateurs où elle est introduite par les nombreux mouvements d'oiseaux entre l'élevage et l'extérieur : concours, exposi­tions, achats de sujets à tout moment. Elle est beaucoup moins fréquente dans les élevages in­dustriels qui travaillent bien plus en circuit fermé et qui achètent des reproducteurs dans les élevages importants où la sur­veillance sanitaire est plus constante.

    La trichomonose, au contraire, est pos­sible partout, car elle est due à un proto­zoaire flagellé (trichomonas columbae ou gallinae) qui est un hôte habituel de la ca­vité bucale et du tube digestif de nombreux oiseaux, du pigeon en particulier.

     

    LE PARASITE

    C'est en effet un parasite (et non un mi­crobe), un protozoaire, c'est‑à‑dire formé d'une seule cellule, flagellé, à savoir de plusieurs longs cils qui lui per­mettent de se déplacer et qui sont complé­tés par une membrane ondulante. L'en­semble constitue un système propulseur qui rend ces parasites très mobiles, et au microscope, sur un prélèvement frais, il est facile de voir leurs mouvements.

    Ces mouvements cessent rapidement quand la température diminue et les tricho­monas prennent alors une forme atypique et immobile qui ne permet plus de les dis­tinguer. C'est pourquoi on ne les trouve jamais sur des cadavres refroidis.

     

    LA CONTAGION

    Les trichomonas sont présentes dans la cavité buccale des pigeons adultes et la contagion entre adultes peut se faire par l'eau de boisson. Entre les adultes et les jeunes, elle se fait évidemment lors du nourrissage et c'est pourquoi certains nids sont régulièrement atteints, alors que d'autres sont indemnes, au moins pendant un certain temps. Cela tient au fait que certains adultes sont porteurs de trichomo­nas et d'autres non. Il est évident qu'une telle situation n'est que provisoire et que, peu à peu, la maladie se répand entre adul­tes.

     

    LE POUVOIR PATHOGENE

    Selon les souches de trichomonas, il existe de grandes différences de pouvoir pathogène et la découverte de parasites dans la cavité buccale d'un pigeon adulte (découverte très fréquente) ne signifie pas qu'il y a obligatoirement un risque pour les  jeunes et ce risque n'existe qu'avec les souches pathogènes. Il faut cependant te­nir compte de la résistance naturelle des jeunes et une maladie surajoutée, toute erreur alimentaire peuvent faire apparaître des cas de trichomonose là où normale­ment il n'y en aurait pas eu. A côté de sou­ches peu ou non pathogènes, on peut trou­ver l'autre extrême : des chercheurs améri­cains ont pu isoler une souche tellement pathogène qu'une seule trichomonas ino­culée dans la cavité buccale d'un pigeon adulte était suffisante pour causer une trichomonose mortelle.

     

    L'IMMUNITE

    Cette question est mal étudiée, mais tout laisse penser qu'une immunité se déve­loppe et explique pourquoi certains sujets peuvent, sans être malades, être porteurs de parasites qui se révèlent dangereux pour des oiseaux étrangers. C'est sans doute l'introduction de nouvelles trichomonas dans un pigeonnier qui permet d'expliquer l'apparition de trichomonose chez les adul­tes. Il faudrait alors admettre que cette immunité n'est pas valable contre T. columbae en général, mais seulement con­tre certains types ou groupes de types de ce paraiste. Rien ne s'oppose à une telle hypothèse qui semble bien expliquer ce que l'on constate dans la pratique.

     

    LES LESIONS

    Il y a les lésions classiques, rencontrées dans 95 à 98% des cas et les lésions ex­ceptionnelles. La lésion classique chez le jeune pigeonneau est le "chancre", gros abcès dur, à contenu blanc jaunâtre, qui se développe dans la gorge et aboutit à la mort de l'oiseau qui ne peut plus s'alimenter. Cette lésion est rare chez l'adulte et celui-­ci, ou bien est porteur de parasites sans être malade ni présenter de lésions ou bien ne présente que quelques dépôts jaunâ­tres durs sur la muqueuse buccale.

    Les lésions sont très diverses et nous les citons pour mémoire, en raison de leur rareté car ce n'est pas par leur recherche que I’on peut logiquement tenter de confir­mer un diagnostic supposé de trichomonose. La moins rare de ces lé­sions est un abcès dur de l'intestin, très semblable d'aspect à celui, si courant, de la gorge ; il cause en général une occlu­sion intestinale mortelle. Les lésions du foie sont très rares, mais, au cours d'une épidémie dans un pigeonnier, elles peu­vent se retrouver sur plusieurs sujets, comme si certaines souches de trichomo­nas étaient plus à même de les provoquer. Ce sont des lésions jaunâtres assez gros­ses (1/ 2 à 1 cm). Parfois, nous avons ren­contré des lésions hémorragiques de l'in­testin, en anneaux et une trichomonose pulmonaire a été signalée, dont nous n'avons vu qu'un seul cas. Certains ont décrit une trichomonose de l'ombilic et aussi du cloaque. Ils ont même fait de la première la porte d'entrée qui expliquerait les lésions des divers organes internes, comme le foie, mais cette explication ne semble pas prouvée.

     

    LE DIAGNOSTIC

    Il repose sur la découverte des lésions buccales chez les adultes, sur l'observa­tion de mortalités des jeunes avec abcès de la gorge. Ce diagnostic ne pose guère de difficultés sur le jeune quand il y a ab­cès, mais quand il y a de simples lésions, sous forme de dépôts dans le bec ou la gorge, il ne faut pas confondre tricho­monose et muguet. Le muguet (ou candidose) est dû à un champignon et pro­voque la formation de dépôts blancs (ayant un peu l'aspect de lait caillé) et non jaunâ­tres. Cette maladie se développe chez des sujets affaiblis par d'autres maladies et surtout chez les jeunes, moins résistants ; il n'est donc pas rare de le voir se superpo­ser à la trichomonose. Chez les adultes le muguet est exceptionnel, mais des lésions jaunâtres peuvent accompagner la variole qui, par ailleurs, donne des pustules ou «poquettes» assez caractéristiques pour que les lésions buccales dues à la forme «diph­térique» de la maladie, ne soient pas pri­ses pour des lésions de trichomonose.



    La confirmation du diagnostic par exa­men microscopique immédiat d'un prélè­vement fait sur un sujet vivant, n'a qu'une valeur relative : en effet, on peut trouver des trichomonas peu ou pas pathogènes dans le bec de sujets en bonne santé et venant d'un colombier où il n'a pas de trichomonose clinique. Par contre, si l'exa­men est négatif, on peut écarter l'hypothèse de trichomonose.

     

                TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE

    Pendant longtemps, il n'a existé aucun traitement spécifique et le sulfate de cuivre d'ailleurs très mal supporté, la résorcine, l'acide salicylique souvent préconisés autre­fois, n'étaient que des traitements d'effica­cité très douteuse employés faute de mieux. L'emploi du bicarbonate de soude préco­nisé par certains semble résulter d'une erreur de diagnostic et d'une confusion entre muguet et trichomonose.  Il existe aujourd'hui d'excellents produits pour traiter préventivement et curativement la trichomonose.

    L'éleveur devra toujours rester attentif aux manifestations de cette maladie. Les pre­miers symptômes sont peu apparents, mais des pigeonneaux qui présentent des signes de gêne dans le bec, avec des mouvements inhabituels de la langue seront passibles d'un traitement. Un examen attentif fera sans doute découvrir parmi eux un sujet avec quelques points jaunâtres dans le bec. Si elle n'est pas déjà pratiquée habituelle­ment, une supplémentation en vitamines s'impose en complément de traitement. Ajoutons qu'avec un programme de pré­vention, la trichomonose ne pose pas de problèmes sérieux à condition que la sur­veillance ne se relâche pas.

     

                      TRICHOMONOSE ET TROUBLES RESPIRATOIRES

    Une idée très répandue chez les colom­bophiles est que la trichomoose peut in­tervenir dans les troubles respiratoires si fréquents chez les pigeons. Il n'en est rien, sauf exception ; cette exception c'est l'abcès de la gorge que l'on observe en géné­ral chez le jeune pigeonneau. Il est bien évident que selon sa position, il peut en­gendrer une gène mécanique qui peut se traduire par des difficultés respiratoires.

    Par contre, on voit souvent des éleveurs entreprendre des traitements contre la trichomonse chez des sujets qui ont uni­quement des râles respiratoires sans lé­sions de la gorge ou même simplement du coryza ou de l'ophtalmie avec larmoie­ment.

    Tout cela n'a rien à voir avec la tricho­monose qui est une maladie essentielle­ment digestive et qui peut atteindre les pre­mières voies digestives : cavité buccale, oesophage, jabot en formant des dépots jaunâtres et parfois de véritables abcès.

    Elle peut aussi atteindre l'intestin soit sous forme d'abcès durs et caséeux, blan­châtres, soit sous forme d'une entérite avec diarrhée, mais pas toujours avec une con­gestion notable de l'intestin. Cette dernière forme ne peut être diagnostiquée de façon sûre que par examen microscopique, fait sur un cadavre encore chaud.

    On a, bien entendu, parlé de tricho­monose de divers organes, mais cela est rare.

    Il ne faut donc pas entreprendre des trai­tements inconsidérés contre la tricho­monose devant des troubles respiratoires sans lésions visibles. Il est beaucoup plus judicieux de s'orienter vers les antibiotiques, d'autant que l'emploi des médicaments contre la trichomonose, doit être assorti de précautions car un dépassement est en général à craindre par temps chaud, quand la consommation d'eau augmente. Il est sage de ne jamais dépasser la dose pré­ventive et même, par temps chaud, de se tenir en dessous.

    Une telle dose est d'ailleurs suffisante puisque l'on traite des adultes non mala­des pour éviter la transmission aux jeu­nes ; le traitement de pigeons atteints de troubles respiratoires ne doit pas être fait avec ce genre de produits et aucun résultat ne peut en être attendu dans la grande ma­jorité des cas.


    Tambour bde Boukharie


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  • Pigeon voyageur

                                               L’ETAT PHYSIQUE DU PIGEON

    Quelle que soit la race et quel que soit le gabarit du pigeon, c'est toujours l'état phy­sique du sujet qu'il importe de surveiller.

    Un bon colombophile se doit de créer une souche de pigeons au physique aussi par­fait que possible, et dont l'état de santé ne laisse en rien à désirer.

    Il choisira ses reproducteurs pour la pro­chaine saison parmi les sujets ayant passé les rigueurs de l'hiver, sans qu'il ait eu d'ob­servations à noter au sujet de leur compor­tement et de leur santé.

    Le pigeon, par la prise en main et au pal­page doit, en tout temps, avoir le corps bien arrondi et un plumage doux au toucher ; dans la volière, il doit toujours avoir une prestan­ce de vivacité et de santé.

    Il est nécessaire pour l'éleveur d'établir un inventaire où tous les pigeons seront ins­crits par leur sexe, le numéro de bague, la couleur du plumage ou le dessin, la forme, la tenue et le port, où tout ce qui est visible sera inscrit. Le bon amateur ne considère pas l'hiver comme une période de repos ou de vacances.

    Pendant la période d'hiver, il doit prépa­rer l'avenir. Aujourd'hui l'éleveur doit, par sa patience, sa volonté, son énergie et son savoir dans le but recherché, tendre toutes ses forces pour obtenir le résultat désiré.

    A l'avant printemps, il sera temps, d'éta­blir le bilan de l'inventaire et des observa­tions et il faudra être très sévère dans le choix des futurs reproducteurs, qui est lié aux projets d'accouplements. Ce sera pour l'éle­veur la période cruciale, où il doit se déter­miner dans le tri de ses futurs reproducteurs et devra agir très durement en éliminant tout ce qui pourrait provoquer des déficiences dans la génération suivante. Seules, les qualités physiques parfaites au plus haut degré, permettront à l'éleveur d'obtenir une descendance améliorée ou tout au moins, maintenue.

    Ainsi, les familles créées par l'éleveur, se reproduiront selon une norme ; une moyen­ne familiale dans les limites de quoi on trou­ve, si l'on a affaire à des reproducteurs d'élite, un pourcentage très faible d'excellents jeu­nes et un pourcentage de mauvais jeunes qui ne tarderont pas à rejoindre la marmite.

    Donc seront éliminés de suite tous les jeu­nes pêchant par leur état physique. Pour­quoi vouloir élever des faiblards qui toute leur vie seront plus ou moins déficients, quand il est possible d'élever des sujets sains et vigoureux qui eux, sont seuls porteurs de tous les attributs de leur race, ne l'oublions jamais.

    Le succès en élevage est là.

    EXAMINEZ VOS PIGEONS

    Vos pigeons sont‑ils bien portants ? De nombreux signes extérieurs vous le prouve­ront. Ouvrez leur le bec, regardez la langue : celle ci‑doit être d'un beau rose vermeil. Examinez la gorge : celle‑ci sera d'un beau rose également. Toute manifestation d'in­flammation sera vite décelée, et dans ce cas votre pigeon n'est pas sain. Appuyez sur les narines : si un suintement se produit, ce serait alors un signe de coryza. Les caroncules du nez se­ront bien blanches, couvertes d'une fine pellicule, également blanche.

       Voulez‑vous savoir si vos pigeons respi­rent sans bruit, sans difficulté ? Le soir, ren­dez‑vous au colombier et, dans le calme, vous entendrez les sujets dont la respira­tion s'accompagne de râle.

    Examinez les plumes. Celles‑ci doivent être recouvertes d'une légère couche onctueuse et bien blanche. Le plumage doit être brillant. Lorsque les pattes ne sont pas bien rouges et que les fientes adhèrent aux plumes du cloaque, l'appareil digestif ne fonc­tionne pas bien. Les yeux, qui sont le miroir de la santé, seront secs et brillants.

    Vous pouvez prévenir et remédier à bien des situations anormales en distribuant des vitamines et en donnant à vos pigeons, dans l'eau de bois­son, les produits appropriés.



    Boulant de Hesse 

     


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  • Culbutant de Hanovre



     EVITER LES RISQUES SANITAIRES

     

    Dans un élevage industriel, il y a un cheptel établi, sans introduction de sujets étran­gers ; les animaux qui quittent l'élevage (jeunes pour la consommation, adultes éli­minés) n'y reviennent pas.

    En élevage de loisir, au contraire, il y a :

    ‑ envoi de sujets à l'extérieur (expositions, concours) qui reviennent après contact avec des sujets étrangers ;

    ‑ achat, chez d'autres amateurs, d'ani­maux qui sont introduits dans l'élevage.

    Il ne faut pas cacher que cela comporte des risques énormes de contagion et ex­plique les problèmes sanitaires, bien plus graves en petit élevage qu'en élevage pro­fessionnel ; cela étonne toujours les ama­teurs qui ont conscience de soigner beau­coup plus attentivement leurs animaux que l'éleveur industriel qui en a plusieurs mil­liers.

            
    Immunité

    Quand un animal est en contact avec un virus ou un microbe, il peut être malade ou guérir ou ne faire aucune maladie appa­rente : il devient cependant résistant à cette maladie, car son sang contient des subs­tances de défense, capables de neutrali­ser ce virus ou ce microbe : ce sont les anticorps. On peut faire apparaître aussi ces anticorps en inoculant au sujet ce vi­rus ou ce microbe atténués et non dange­reux, constituant un " vaccin ". Il ne faut donc pas parler de vaccin ou de vaccination pour tout médicament que l'on applique en pi­qûre, et il faut alors employer simplement le terme de "traitement injectable ".

    On constate que les animaux vivant dans un milieu donné ont tous acquis une cer­taine résistance aux microbes existant dans ce milieu ; l'introduction d'un sujet étran­ger comporte donc toujours un double ris­que :

    1) pour le cheptel de l'élevage, car il ap­porte des microbes nouveaux ;

    2) pour lui‑même, car il arrive dans un milieu où se trouvent des microbes aux­quels il n'est pas habitué.

    Ce risque n'est pas toujours un risque grave ; tout dépend du pouvoir pathogène de ces microbes.

    Transmission de l'immunité : l'oeuf con­tient les anticorps de la femelle et, pendant 2 à 3 semaines, le jeune est protégé de façon passive contre les microbes habi­tuels. Cela lui donne le temps de produire lui‑même ses propres anticorps (immunité active). Chez le pigeon, les anticorps exis­tent aussi dans le "lait" du jabot des pa­rents.

    Parasites et immunité: bien souvent, les parasites produisent aussi une immunité, mais cette immunité n'est pas due à des anticorps du sang ; elle est locale et ne se transmet pas par l'oeuf. C'est le cas pour la trichomonose, la coccidiose.

     
    Transmission des maladies

    Les microbes, les virus, les parasites peu­vent pénétrer dans l'organisme par diver­ses voies :

    1) respiratoire : par les poussières, pour l'ornithose notamment, par les particules liquides rejetées par les malades dans l'air (éternuements, respiration) pour les ma­ladies respiratoires ;

    2) digestive : en picorant le sol mouillé par les excréments ‑ salmonellose, tuber­culose, vers, coccidiose, trichomonose - par l'eau de boisson souillée par les ma­lades qui boivent : maladies respiratoires, trichomonose ;

    3) inoculation : par blessures, écorchu­res même minimes, piqûres d'insectes (variole).

    Il est évident que, dans les expositions où les animaux sont séparés, c'est surtout le premier mode de contagion qui intervient (voie respiratoire).

     
    Comment éviter les risques

    On ne peut les éviter complètement et même la quarantaine d'un nouveau sujet n'est pas une garantie si elle n'est pas appliquée de façon très stricte, car il peut être porteur de microbes ou de parasites sans être malade. Cette quarantaine est très utile pour un animal revenant d'expo­sition ; elle doit être d'une dizaine de jours au moins. Les autres mesures sont celles qui sont applicables à propos de chaque maladie :

    ‑ traitement de sécurité systématique de tout nouveau sujet contre les parasistes (vers, coccidies, trichomonas) ;

    ‑ vaccination régulière (paramyxovirose,variole) des sujet de l'élevage et de tout nouveau sujet s'il n'était pas déjà sûrement vacciné contre ces maladies ;

    ‑ maintien des animaux en bonne forme : les sujets carencés (en vitamines, en mi­néraux) sont toujours des proies faciles pour toutes les maladies auxquelles résiste­raient des oiseaux en bonne santé : les apports réguliers de vitamines, de miné­raux, les traitements antiparasitaires régu­liers sont les mesures qui permettent de maintenir cette forme parfaite, facteur de résistance aux maladies, mais aussi de beauté et de performances sportives.


    Haut-volants de Budapest


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